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 fumerolles (nour)

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MessageSujet: fumerolles (nour)   Mer 8 Fév - 23:17

Y’a le ciel en aquarelle au dessus de sa tête,
chargé en nuages épais, qui menace de se décharger.
Salim il le regarde en attendant que la première goutte se pose sur sa joue,
que des trombes l’arrosent et le balayent,
que l’ondée le purifie et le saisisse jusqu’aux os.
Salim il a passé des heures sur ce banc à regarder les cirrus se faire chasser par les cumulonimbus, et à regarder les gris s’éclaircir et s’assombrir, à attendre la pluie, et à essayer de reproduire les courbes des nuages avec la fumée de son troisième joint.
La tête dans les fumerolles, il erre dans ses pensées,
un père qui lui en demande toujours plus, un paternel qui en attend toujours trop,
et lui qui fait de son mieux pour le satisfaire, qui fait de son mieux pour le rendre fier,
ce père qu’il honnit d’une certaine façon et qu’il idolâtre de l’autre.
Dans les fumerolles, il se perd au milieu de ses pensées,
il plonge dans un autre état, y’a driss, et y’a maman,
ils sont sur la plage où le cliché a été pris, ils sont heureux,
le monde est beau pendant un éclat de rire que le flash immortalise.
Sa mère badine, driss se gondole, sa sœur est radieuse,
y’a même le père qui se déride pendant un instant.
Ce cliché perdu, salim l’a retrouvé et l’a profané de sa lame papillon,
il a déchiré les corps, il a coupé les têtes, parce que le bonheur appartient au passé.
Les sourires, les rires, la famille, c’est de la fumée, comme celle qu’il crache,
de la vapeur qui glisse entre les doigts et qui se dérobe
ça sert à rien de courir après
c’est peine perdue.
Salim il sent qu’il arrive au bout
il tire la dernière latte
il jette un dernier regard au ciel et se déleste de ses pensées,
il est plus efficace la tête vidée.
Il se lève comme un bateau ivre,
il regarde le chemin qui s’esquisse devant lui,
et son cœur, là, il se déchire quand il pose les yeux sur la silhouette au bout de l’allée.
Y’a son étoile, là, son étoile filante.
Celle qui s’est barrée dans la nuit sans laisser de poussière céleste derrière elle.

Y’a sa Nour, là.

Non c’est ses yeux qui lui jouent un tour.
C’est une diablerie.
C’est un maléfice.
C’est les fumerolles qui l’embrument.

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Nour Effner
immeuble ambulant
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SES MESSAGES : 137
CREDITS : (a) KILLER FROM A GANG, (s) ASTRA.
LEGUME PREF : LES CHAMPIGNONS.
POLAROÏD :
LES THUNES : PAS DE POCHES AUX PANTALONS.
CLAN : VAGUE DES MONROE'S GUNS.
LES LOVES : ATLAS.

MessageSujet: Re: fumerolles (nour)   Jeu 9 Fév - 16:04

des ploc dans des plac, des corbeaux dans des flaques,
la tristesse du ciel au-dessus des têtes.
nour, elle regarde un peu comment ça s’passe, là-haut.
comment le soleil arrive pas à percer,
comment les nuages ne cessent de se vider,
comment maman vole avec les oiseaux.
comment y’a pas d’oiseaux, aussi.
les bancs sont mouillés. personne dans l’allée.
juste ce pauvre con tout au bout
là-bas
au fond.
qui s’lève, qui la regarde.
et là, nour elle ose plus bouger.
c’est lequel ? qu’elle se demande, toute paniquée. de si loin elle pourrait pas dire.
sûrement le plus désespéré, pour sortir comme ça, délibérément, sous la pluie qui bat,
les abat.
et nour elle pourrait fuir, comme elle le fait toujours quand ça tourne pas comme elle voudrait qu’ça tourne. fuir c’est qu’une question d’habitude, une fois que t’as compris le truc ça va tout seul.
la première fois c’était y’a longtemps.
c’était fuir sa propre vie, c’était tourner le dos à tout ce pour quoi elle vivait.
tous ceux qu’elle avait aimés et qui, elle le sait, l’auraient achevée.
elle fait pas demi-tour, nour.
elle s’approche. d’abord doucement, puis d’un coup elle se met à courir.
elle voudrait pleurer mais elle y arrive pas. elle a trop mal pour ça.
elle aurait dû faire marche arrière, c’est sa tête qui le lui dit.
mais voilà, c’est pas ce qu’elle a fait, alors laisse-la courir et ferme ta gueule, hurle son cœur.
elle préfère se jeter dans la gueule du loup, tant qu’à faire. et c’est comme si depuis toujours, elle en mourrait d’envie (elle en mourrait tout court), mais qu’elle avait pas la foi. qu’elle avait la flemme.
et elle arrive près de salim,
et elle arrive toujours pas à pleurer.
c’est qu’elle est trop en colère.
elle pourrait lâcher un je t’aime, lui donner une caresse, se faire entourer d’ses grands bras.
mais non, elle le fait pas.
elle rugit un CONNARD ! qui gronde comme le tonnerre, assorti à la pluie, de mise avec son humeur si noire. et sa caresse se fait poing.
poing dans sa gueule.
elle y a mis toute sa rage, tout son mal-être.
tout ce qu’elle a pu l’aimer.
et puis ça y est, les larmes coulent, le corps se tend, les os tremblent et son souffle en peine
se fait couvrir par le fracas de la pluie
qui vient se mêler à ses larmes
et fait tout déborder, vient tout gâcher.
comme salim a tout gâché en suivant papa,
comme nour a tout gâché en partant loin d’eux.
comme tout l’monde a tout gâché en faisant n’importe quoi.

_________________
utopistes debout.
donne moi le courage d'aller bouffer tous les nuages, écoute mon cœur, écoute la rage, écoute ce texte anthropophage. écoute ce mec qui vote réac', écoute cette mère seule qui craque, écoute le cri des animaux quand on les enfouit dans un sac.
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MessageSujet: Re: fumerolles (nour)   Ven 10 Fév - 17:38

Quand elle court il a envie de courir aussi, il fait presque un pas en avant,
et puis y a presque l’ébauche d’un sourire qui s’esquisse sur ses lèvres frémissantes,
mais il reste immobile, il la contemple, sa petite sœur, il observe sa course folle qui va se finir dans ses bras, elle doit se finir dans ses bras, comme dans les vieux films en noir et blanc, quand, à la fin, les amoureux se retrouvent et se perdent à nouveau dans les bras l’un de l’autre.
Il l’attend, comme il l’a attendu depuis qu’elle s’est évaporée, ce putain de jour,
ce putain de jour où il est rentré pour trouver l’appartement étripé,
dépouillé de ce qu’il le rendait si beau, elle,
ce jour où il avait besoin de sa frangine, merde, pour se perdre dans ses yeux lénifiants, pour se recomposer et trouver un brin de lumière dans son existence assombrie.
Mais nour elle s’était dérobée à lui et c’était comme si elle l’avait poignardé avec sa propre lame,
nour elle l’avait trahi et abandonné,
lui et driss, elle les avait livrés en pâture aux ténèbres ;
et voilà que le soleil brille à nouveau sur lui,
que sa nova a retrouvé son orbite naturel,
l’éclipse est finie, l’étoile est là, brillante.
Il a la tête au milieu d’un champ de météores et ça fait du bien,
c’est beau de la voir courir, c’est beau de la revoir,
mais y a cette chienne de voix dans sa tête qui bousille tout, y a cette voix qui dit
ouvre les yeux, regarde-la, tu crois qu’elle a envie de sourire elle ? tu crois qu’elle est contente de te revoir, elle ? t’as pas compris qu’elle est partie pour plus te voir ?,
et salim il obéit, comme un parfait petit soldat de plomb,
il ouvre les yeux, il étudie son regard, et il comprend,
la voix elle a raison, nour elle est rage, elle est furie.
Elle est plantée devant lui, elle n’a pas fini sa course dans ses bras,
elle le regarde et salim il s’inquiète, c’est pas si beau que ça, en fait, c’est plein de doute et de douleur, c’est amer et saumâtre – il en grimacerait s’il n’était pas figé par l’expectative ;
Il redescend sur terre, il dit bye aux astres qu’il côtoyait, et nour elle accélère la désescalade,
il n’a pas le temps de réagir, y a le poing de nour qui détone et qui s’écrase sur sa mandibule,
et salim il fulmine, il implose, le sang de sa lèvre fendue qui se répand dans sa bouche empoisonne son âme de suie, y a sa lumière qui s’éteint, l’éclipse qui revient, les ténèbres qui le drapent pendant une fraction de seconde où il ne voit que du noir, – t’es vraiment qu’une sale conne. Il déverse sa colère, sa frustration, les sentiments obscurs qui ont brisé tout espoir de goûter à une larme de bonheur, tout espoir que la douceur en exil retrouve son chemin.
Il plonge dans le paradoxe, dans la confusion,
il la déteste autant qu’il l’aime, il veut la bousculer autant qu’il veut l’enlacer,
la frangine lui laisse un vilain arrière goût, une sensation de culpabilité.
Il étouffe les cris qu’il veut lui lancer, il dompte ses pulsions violentes et essuie sa lèvre meurtrie avec le dos de sa main et lui lance un regard vipérin,
ses larmes sont comme des aiguilles qu'on lui enfonce sous la peau,
les voir couler sur sa joue est une torture qu'il subit en silence,
– je pensais pas que ça me ferait aussi mal de te revoir, lâche-t-il,
et maintenant j'ai peur de te laisser repartir pense-t-il, de lançant dans une lutte insoutenable contre ses propres larmes qu'il ne veut pas laisser s'échapper.
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