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 MARÉE LUMINEUSE (NOUR)

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Atlas Noor
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MessageSujet: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Jeu 9 Fév - 22:10

un rayon de soleil filtre à travers les rideaux mal fermés, il se dépose avec mesquinerie sur les formes de nour. au loin, on entend des voix et les cloches d'une église. ma main caresse son dos, pas beaucoup, pour ne pas la réveiller. ses cheveux sont emmêlés avec les miens et je sens sa respiration près de moi. délicatement, la couverture est posée sur ses épaules nues, recouvrant nos deux corps enlacés. c'est un fouillis de membres, des mains et des jambes liées, des poitrines l'une contre l'autre. elle a les yeux fermés, et j'en profite pour la regarder avant qu'elle ne se réveille. ma reine... je chuchote. ses joues sont rosées et elle a les lèvres délicatement ouvertes. je regarde autour de nous, mon logis, cette petite chambrette où ça n'est pas le luxe mais où il fait bon dormir. la fenêtre est légèrement entrouverte et une brise fraîche vient nous apporter les beautés de la journée. un jour que nous passerons ensemble, je l'espère. cette nuit fut magique. enivrée mais pas saoule. ou alors de plaisir. merveilleux. on entend le voisin chantonner comme à son habitude, et je ferme les yeux. le soleil réchauffe la pièce, c'est agréable. je n'ai pas envie de me lever. je ferme les yeux, goûte à la chaleur de son corps. nour est toujours endormie, son souffle léger me chatouille le cou. voilà, au final, ce n'était pas la fin que nous écrivions, mais le début.  avec le lenteur, je soulève à nouveau les paupières, et mes yeux tombet sur ceux, cette fois-ci, ouverts, de mon aimée. je lui souris et je la serre contre moi. ça va ? je murmure, et je lui dépose un baiser sur le front. et toujours, le soleil continue de dessiner de lignes sur nos peaux.

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Nour Effner
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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Sam 11 Fév - 0:05

des effluves de soleil viennent perler sur les carcasses endormies, les caresser avec tendresse, leur dire que tout va bien, qu’elles n’ont plus à être sur leurs gardes.
qu’encore elles peuvent se reposer et que justement, il faut qu’elles en profitent.
car lorsqu’atlas et nour seront éveillés, ça voudra dire que bientôt il faudra se quitter.
mais le matin les aime, les adore, les porte dans son cœur-soleil,
les couve de son œil-chaleur. et c’est forcément une bonne chose.
peut-être que ça veut dire qu’il les protège, qu’ils pourront rester comme ça le temps de petites éternités, sans se soucier de rien ni de personne. que pendant des heures durant ils pourront se dévisager en souriant, dire des trucs débiles et échanger des mots qui brillent.
que le jour ils s’aimeront
et la nuit ils s’aimeront plus fort encore.
nour, c’est ce qu’elle aimerait. c’est ce en quoi elle voudrait croire. et même si elle a beaucoup de mal à voir les choses autrement que sous d’la grisaille, si dans son monde à elle il pleut sans discontinuer, quand elle est avec atlas y’a pas mal d’éclaircies et ça, elle veut pas qu’on le lui enlève.
et pourtant nour, elle sait que si elle pense à tout ça c’est parce qu’elle dort.
le soleil autant qu’les journées passées à rien faire, c’est juste un rêve. c’est pas réel.
et si le doigt qui appuie sur la gâchette, les putes qu’on jette sur les trottoirs, la drogue dans l’organisme des jeunes et le sang sur le bitume c’est un cauchemar, au moins ça, c’est réel. et tant pis si c’est laid, au moins nour sait à quoi s’en tenir.
c’est dans ça qu’elle vit, nour. elle sait qu’il vaut mieux pas trop s’faire d’illusions.
et la noirceur d’un monde où elle n’a jamais eu envie de vivre s’infiltre sournoisement sous ses paupières closes. gaz toxique qui vient faire faner jusqu’aux roses de ses songes. voilà qu’elle est jetée sous un ciel mort qui n’accueille pas le soleil à midi et se nourrit des étoiles à minuit. c’est un monde laid où personne ne rit, où des coups d’feu retentissent à chaque coin de rue et où les enfants n’ont pas de maman.
c’est un monde où atlas n’existe pas.
ou si, peut-être a-t-il existé mais seulement voilà, il en est parti, de ce monde à la noix.
on l’en a banni.
nour ouvre brusquement les yeux, le cœur au bord des lèvres.
le noir de ses prunelles a vite fait de papillonner de gauche, de droite.
où j’suis ?
nour, elle a la vue embrumée d’angoisse. elle est comme aveugle, elle y voit plus rien. elle a peur.
et puis ses pupilles paniquées se posent sur son seul et unique astre stellaire et tout va mieux. les battements affolés de son cœur se calment.
regarde, il est juste là. près de toi. il est pas parti. il t’a pas laissée.
mais il le fera, pas vrai ? c’est c’que les gens finissent toujours par faire. comme si tout foutre en l’air c’était dans les gènes de l’homme.
comme les ailes d’un papillon, les cils de la créature divine tressaillent.
puis les ailes se déploient et l’être aimé offre ses océans de pureté à la vue de tous.
mais là juste de nour.
elle a ça rien que pour elle. ça la rend heureuse.
il sourit et elle sourit en retour. elle hoche la tête pour dire que oui, ça va, et puis elle se serre un peu plus contre lui. ses bras frêles viennent s’enrouler sous les omoplates (vestiges d’ailes aux plumes immaculées) tandis que d’un froncement de l’échine, nour vient se caler sous le menton d’atlas. de là, elle sème des centaines de baisers silencieux sur sa clavicule, son torse, son cou puis, quand il est temps de remonter plus haut, nour se redresse.
atlas…
mon roi,
promets-moi.
comme un appel à l’aide.
promets-moi que tu partiras pas.
promets-moi que tu m’laisseras jamais.
promets-moi que tu seras toujours à moi.

possessivité malsaine, besoin de plus que des mots jetés au vent.
nour, elle veut que celui qu’elle aime soit le contre-exemple de la connerie humaine.

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utopistes debout.
donne moi le courage d'aller bouffer tous les nuages, écoute mon cœur, écoute la rage, écoute ce texte anthropophage. écoute ce mec qui vote réac', écoute cette mère seule qui craque, écoute le cri des animaux quand on les enfouit dans un sac.
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Atlas Noor
☆ CHAMBRE OCÉAN
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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Sam 11 Fév - 20:32

ses baisers sont tendresses, ils apportent les effluves de son être. ses lèvres sont doucement brutales, ses mains qui m'enlacent portent son amour. ses yeux de biche me captivent, ce sont des puits de perdition. si j'y plonge je n'en sors pas. et puis après elle parle. des mots qui sonnent comme un tocsin, quoiqu'il n'annonce pas la fin, mais dans les tréfonds de sa voix, j'entends une peur que je retrouve en moi. la peur de perdre l'autre. je la serre fort contre moi, parce que si je ne l'ai plus elle, qui aurais-je ? c'est mon phare lumineux, la déesse sur le rocher, qui me guide pour ne pas me fracasser le tête contre le roc. cette pierre qui est la société. je te le promets. désespérément, je m'accroche à elle. si je te laissais, qui pourra me faire sourire ? personne, car les vrais sourires, ceux où y a du vrai bonheur, pas une fausse euphorie comme on peut trouver dans chaque coin de rue, y a que nour qui peut les prendre. ils sont que pour elles, et jamais une autre ne lui volera. elle est unique. nour, pour toujours je serais à toi. si elle n'avait pas été là, j'aurais la larme à l'oeil. parce que je me dis qu'au fond, à vouloir faire cavalier seul sans avoir quelqu'un à embrasser le soir, on finit par déperir. maintenant que je l'ai elle, les couleurs ont changé de palette. j'ai troqué la ténébreuse pour la pastel. avec des noms tarabiscotés, des animaux, des fleurs, un royaume de couleurs sur lequel nous gouvernont et nous forgeons notre chemin, où la haine, la vengeance et la mort ont été rejetées. une planète qui n'existe qu'aux frontières du rêve. dans la réalité, tout n'est pas forcément plus beau mais plus démesuré parce qu'on peut le vivre. un au revoir rapide avec des on se reverra, l'impatience de se retrouver, les lèvres qui se rencontrent. mes pensées dérivent alors que nous sommes encore au sortir du sommeil. le miel de l'endormissement m'assoupit un peu. et si ce n'était pas moi, mais elle qui m'abandonnait ? non. impossible. je n'ai pas besoin de l'entendre dire pour avoir sa réponse. elle ne partira pas. si je suis à elle, alors elle est à moi. c'est comme ça que ça marche non ? nour, je rêve de nous deux, assis face au soleil. paisiblement. avec subtilité. [color=#cc6666main dans la main, nous regardons la mer.[/color] et nous sommes libres, libres de courir, rouler dans l'herbe et vivre vraiment seconde pour seconde. nour, et toi, promets moi qu'un jour on s'en ira, et on sera ensemble. sans personne pour nous rappeler à l'ordre, sans contradictions. ensemble parce que nous deux, on fera de belles choses. et de beaux rêves.

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Nour Effner
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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Mer 1 Mar - 21:06

et quand il promet, tout va mieux. tout va bien.
c’est comme s’il avait soufflé sur les nuages
ou comme si les nuages n’avaient jamais existé.
merci, murmure nour en fermant les yeux.
comme pour tenter de se rendormir, voir si elle peut pas repartir un peu vers de plus bleus horizons. voir si le monde qu’elle a laissé derrière elle en ouvrant les paupières s’est bel et bien illuminé depuis qu’atlas a parlé.
mais elle repart pas, elle reste là,
avec lui. pour toujours. il a promis.
un long silence s’ensuit, pourtant pas le moins du monde pesant, qui les caresse avec douceur, les enveloppe de candeur. nour se sent bien.
et puis soudain, la mélodie de ses mots retentit encore
et emportent nour vers là où y’a l’arc-en-ciel mais pas la pluie.
la voix d’atlas est semblable aux remous d’une mer calme,
sa chaleur corporelle brille comme un soleil au-dessus de leur si bel univers,
et tout est beau.
tout est si beau.
tout est trop beau.
et déjà l’orage survient.
qui fait se déchaîner la mer et s’envoler le soleil.
alors le bateau coule et la vie redevient grise
car voilà atlas qui dit c’qui faut pas dire.
nour ouvre les yeux.
nour a envie de pleurer.
nour peut pas promettre.
elle l’aurait fait, si ç’avait pas été lui. elle aurait menti pour pas gâcher l’instant, elle aurait souri, jeté des mots en l’air.
mais là, elle peut pas. y’a les mensonges qui lui restent bloqués au-travers du gosier
et nour qui s’étouffe avec.
oh atlas, pourquoi tu demandes ça ?
il sait bien que c’est pas possible, pourtant. il sait bien qu’autant lui qu’elle, ils pourront jamais s’évader d’la prison crasseuse dans laquelle ils se sont eux-mêmes enfermés. surtout que nour, elle en a pas vraiment envie. elle se le demande mais…
non, même pas pour lui.
pardon, atlas.
il doit bien le savoir, pourtant, que c’est pas si facile.
parce qu’atlas et nour c’est des enfants pas si innocents que ça.
mais il a pas besoin qu’on le lui dise et elle, elle a pas besoin de se l’entendre dire.
alors elle dit rien.
c’est le mieux.
elle a la respiration tremblante, elle a du mal à le cacher.
elle se redresse encore, se soustrait à sa chaleur,
à son soleil.
et en guise de réponse, c’est un baiser qu’elle lui donne.
plus doux et sincère que jamais. toutefois un peu amer dans le fond.
et elle lui tourne le dos, se détache à présent complètement de lui.
frissonne loin de son soleil.
elle se rhabille machinalement, met le premier truc qui lui tombe sous la main sans faire gaffe si c’est à elle ou à lui, si c’est à l’endroit ou à l’envers.
petit dej, fait-elle en se retournant une dernière fois vers lui, le sourire aux lèvres, avant de finalement quitter la pièce.
elle pense à un tas de choses, nour. elle pense aux pizzas qu’elle a pas livrées hier soir et à l’ambiance plus que tendue au qg. elle pense à cette gamine qu’elle aimait bien, qu’on a retrouvée sans vie dans une ruelle sale.
ça lui trotte dans la tête depuis un moment et ça veut pas sortir. elle arrête pas d’y penser, de se demander qui c’est. lequel a osé. pourquoi ? nour se souvient pas avoir frappé une pute récemment ou volé la drogue de quelque dealer que ce soit.
et alors, y’a un truc horrible qui lui traverse l’esprit. tellement horrible qu’elle ose pas tout de suite ouvrir sa grande gueule. dis, atlas ? tellement horrible qu’elle attend pas qu’il soit là, avec elle, pour lui parler. j’suppose qu’on t’a raconté qu’on a retrouvé le corps d’une gamine, y’a quelques jours. justement, si elle le voit elle osera pas. c’était une des nôtres, j’la connaissais bien. assez en tout cas pour que ça la mette hors d’elle. est-ce que… est-ce qu’on t’en a parlé ? j’veux dire… y’a tout qui se mélange dans sa tête, putain. est-ce que tu sais quelque chose ?
c’est toi, atlas, c’est toi qui a fait ça ?

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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Jeu 2 Mar - 7:16

quand ses cils battent et ses paupières s'éteignent, ses doigts se joignent les uns aux autres et se déposent lentement sur le drapé bleuté, que son souffle dit merci faisant vibrer l'atmosphère, ce mélange d'oxygène et plein d'autres choses, mon coeur laisse sa course se freiner, battements doux et calmes plongés dans la sureté, l'amour, les commissures des lèvres qui se relèvent. se déverse le silence, dans sa majestueuse présence il répare les problèmes. j'ai rêvé la fuite, j'ai rêvé partir, imaginé jusqu'à écrire les moments dans le froid, serrés l'un contre l'autre dans un dernier effort. alors qu'il n'est pas facile de délier les liens qu'on s'est forgé avec les autres, avec les multiples obligations que l'on s'est posées, si on coupait simplement, comme d'un coup de ciseau, tous ces inconnus, si on résolvait l'équation par la disparition ? c'est comme tuer c'est si simple, la preuve par ce corps, misérable gamine, dévorée par la haine et par la bêtise humaine. c'est drôle comme ça rime, haine et humaine. mais tiens, le baiser de nour vient chasser la morgue, il efface les sombres pensées dans un ouragan de bonheur. c'est peut être pour ça, parce que je ne veux plus penser à la mort qui rôde juste au dehors sans doute derrière la porte, embusquée dans une balle ou dans la pointé d'un couteau, dissimulée dans la drogue et l'alcool; c'est peut être pour ça que je ne sens pas l'amer dans ses lèvres aimantes. que je remarque à peine ses tremblements, sa gêne, qui me quitte avec son corps. je ne sens que ce que j'ai envie de ressentir. de la tendresse. je la regarde s'habiller, je cligne et je me frotte les yeux, baille un coup puis je me redresse aussi, laisse tomber la couverture et le froid vient me titiller. je souris à ses deux mots. rho... elle s'en va à côté et je me lève, de même manière j'enfile quelque chose et je vais vers la fenêtre, je la ferme et puis... et puis il a quelque chose, salé qui vient comme un grain de sable bousiller le mécanisme. elle, elle n'a pas promis. elle n'as pas promis. mais... que n'ai-je point senti sur le moment venu, le spleen de son baiser qui était bienvenu ? oh. se pourrait il qu'elle ne veuille pas partir ? qu'elle ne pourrait pas ? un fond noirâtre se dépose sur mon coeur, enveloppe jaunâtre qui déchire mes moeurs. mon prénom dans ses mots me fait sourire encore, la main sur la fenêtre je l'arrache assez fort. ce qui suit achève de me noircir, comment peut-elle dire ça après tout ce qu'on a passé ? je bouge plus, j'attends la fin de ses paroles, et quand plus rien ne sort je m'avance vers la porte. je l'ouvre un peu plus et dans une frustration soudaine, je la regarde simplement. qu'est-ce qu'elle veut dire exactement, à quoi joue-t-elle ? si tu insinues que j'ai tué la fille... oh bien, elle peut le dire carrément. j'veux pas dire mais au cas où tu ne savais pas, j'espionne moi je tue pas. sauf... sauf que si, mais pas pour rien. mais à quoi ça sert de planter dans l'organisme une balle perdue ? ça gâche une vie et des munitions. nour, j'suis désolé pour elle, beaucoup se questionnent sur le meurtier. ou les... ce qui se passe nous met sur le pied de guerre, les gangs sont mauvais les uns envers les autres. terrible terreur qui s'abat sur rosedale, comme un jugement de pitié de la part des dieux, cherchant comme jadis à se débarrasser des déchets vivants. quand je sors je vois des visages fermés, des gens choqués, déçus. des messes basses, nour. oh mais, que se passera-t-il si quelqu'un sait pour nous deux ? quels soupçons pourront s'éveiller à notre égard ? chaque seconde jette-t-elle de l'huile sur le feu, faisant de lui un brasier géant où crame des innocents ? écoute... je ne sais pas... bien placer les mots. tu risques beaucoup à me voir, il en va de même pour moi, mais je ne veux pas que... et si... oh, ma reine, si nous partions vraiment ? je veux dire... le monde devrait s'arrêter de tourner. je la regarde, l'abattement dans mes paroles, dans mes pupilles. et je comprends, enfin, que cette histoire va me pourrir la vie. va qu'elle va m'enlever la seule chose qui valait le coup de vivre dans rosedale. alors tant pis pour ce qu'on dira, mais nour et moi, on fait rien de mal, juste s'aimer et raconter des trucs qui brillent.

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Nour Effner
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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Dim 5 Mar - 20:45

et le silence. pesant cette fois-ci.
qui dure pas longtemps pourtant, juste assez pour faire s’arrêter de battre le cœur de nour.
silence semblable aux secondes qui suivent le largage d’une bombe,
l’horreur qui te prend aux tripes alors que t’attends qu’elle explose.
et là, nour elle se dit quelque chose comme j’aurais pas dû.
y’a des fois où elle devrait se la fermer, arrêter de dire tout ce qui lui passe par la tête.
des fois où les autres ont pas besoin de savoir d’où vient le voile noir qui lui assombrit le regard.
des fois où elle devrait arrêter de penser aux mauvaises choses,
parce que les nuages dans sa tête vont finir par lui pourrir la vie,
à elle et à ceux qu’elle aime.
la porte grince comme grincent les cerveaux.
nour sent sur elle les deux brasiers d’atlas
qui la congèlent.
elle ose pas lever les yeux vers lui, n’ose pas le défier.
pour la première fois depuis longtemps, elle se fait pitié.
elle a beau réagir aux mots acerbes de son amant par des non, des arrête ou des c’est pas ce que j’voulais dire, les faits sont là, réels, prenants.
je t’ai accusé de rien... ou presque,
dernière tentative de cessez-le-feu avant que tout n’explose à nouveau.
atlas, il baratine. il essaie d’introduire quelque chose. il veut dire un truc important, ce genre de trucs que tu peux pas dire tout d’un bloc parce que sinon ça passe pas.
et pour ça, nour plonge son regard de braise dans ses océans sans fond à lui.
elle l’écoute attentivement et petit à petit, son visage poupin se ferme.
elle le comprend pas. elle y arrive plus.
c’est comme si pendant tout ce temps, ils étaient branchés sur la même fréquence et que d’un seul coup, quelqu’un flinguait la radio.
tu veux que je parte, c’est ça ? tu veux plus de moi ? tu m’aimes plus ?
dis-le atlas, dis-le si tu m’aimes plus.

mais nour n’a pas le temps de couiner une plainte que déjà son soleil est là pour la détromper :
il veut pas qu’elle parte, il veut qu’ils partent.
alors c’était pas une blague.
car si son cœur lui donne mille raisons de sourire et de lui dire que oui, elle part avec lui. que oui, elle arrive. qu’il a qu’à l’attendre dehors, qu’elle fait ses valises tout de suite,
sa raison, elle, elle rend nour colère.
elle fait se déployer en elle un tel orage que sûrement y’aura des séquelles.
et si d’ordinaire nour n’écoute son cœur qu’en présence d’atlas, là elle peut pas.
elle peut pas le privilégier à la raison.
elle peut pas l’aimer autant si ça doit vouloir dire laisser tomber tout le reste.
alors elle s’énerve, elle explose, elle se dit pas un seul instant qu’ils peuvent peut-être juste parler et pas tout faire s’écrouler.
nour s’approche d’atlas à pas feutrés, comme elle le fait souvent.
mais cette fois-ci, au lieu de lui sourire et de lui plaquer un joli baiser sur le bord des lèvres, au lieu de se faire entourer de ses bras tout frêles, elle croise les siens sur sa poitrine
et le fusille de ses yeux-mitraillettes
comme lui l’a coupée avec sa langue-couteau.
je te parle d’une gamine que je croisais presque tous les jours jusqu’à il y a peu, d’un enfant à qui j’ai souri et qui m’a souri en retour, d’une nana qu’on a retrouvée morte, crevée dans une mare de sang, probablement des mains d’un des connards pour qui tu travailles, et toi… toi tu… chaque mot se détache, les consonnes râpent contre le palais tandis que les voyelles claquent violemment sur les canines.
et toi, tu m’parles de fuir ? à mi-voix, comme à bout de souffle. je fuirai pas, atlas. plus jamais, pas comme ça. je peux pas, tu comprends ? c’est pour ça que j’ai pas promis, pour ça que j’y suis pas arrivée.
mais c’est pas fini, ça se finira jamais.
nour, il lui en faut pas beaucoup pour qu’elle s’emporte.
nour, quand elle a commencé faut qu’elle termine.
nour, elle arrive pas à se calmer, une fois que l’orage a éclaté.
nour, elle fait du mal à ceux qu’elle aime.
même sans faire exprès.
je laisserai pas tout le monde en plan pour quelque chose d’éphémère,
je quitterai pas tout du jour au lendemain pour un avenir bancal.
je…
nour, tais-toi. je peux pas. ta gueule, nour.
même pour toi.
chaque mot sur lequel elle laisse couler son venin, elle le regrette.
et elle se sacrifierait volontiers en les ravalant tous si c’était possible.
mais même ce qui est possible, même ce qui est beau (son amour pour atlas), elle arrive pas à le protéger. alors à la fin, c’est un peu peine perdue.
si moi je tuais quelqu’un à qui tu tiens, un de tes incestes, tu partirais avec moi ? la phrase de rattrapage, pourtant plus maladroite qu’autre chose.
maladroite car l’accusation n’est toujours pas voilée
et le ton toujours très enflammé.
et puis la main qu’elle tend vers lui, qui s’ose à peine à effleurer sa joue.
l’envie irrépressible de capturer ses lèvres pour le protéger d’elle-même,
le protéger de l’amer de ses regards,
de la froideur de ses gestes
et de ses incontrôlables palabres.
le pardon au fond des yeux.
trop loin pourtant.
malheureusement.

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MessageSujet: Re: MARÉE LUMINEUSE (NOUR)   Mer 5 Avr - 23:15


sans doute le même pour toi arrive un peu vite, un peu trop durement, sans beauté ni poésie qui clairsemaient ses mots précédemment. sans doute j'ai oublié la nuit car on est passé au jour, et que le jour, il faut changer. j'avais pas anticipé ces paroles-là, cela fait d'ailleurs bien longtemps que je n'ai plus anticipé. avant elle appuyait ses propos, ses connards ce n'était pas très grave et ses non je ne fuirais pas ne me surprenais pas. je ne dirais pas que je m'y attendais, parce que j'avais bon espoir qu'elle change d'avis. j'avais bon espoir qu'elle s'en aille avec moi. mais elle a tout cassé : rêves, illusions, projets de vagabondage. elle a tout brisé d'un seul coup volé en éclat ce qui aurait pu me maintenir un peu encore en vie. mon édifice bancal que j'avais pensé est allé valdinguer plus loin, là où on ne sera jamais (heureux) ensemble. tant pis, alors. je sais pas trop ce qu'il y a là dans ma voix, un peu de tristesse, de colère et étrangement, de joie. elle a choisi. moi aussi. alors dans ma tête quelque chose se déroule, j'ai comme un flottement. y a tout qui se disloque. jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole. jusqu'à ce qu'elle mette un point sur quelque chose. en fait, deux choses. si tu tuais un inceste ? y a plus de colère qu'autre chose. donc tu l'accusée vraiment d'avoir tué cette fille ?! je serre les dents. pour ne pas pleurer. pas encore. pétard, nour... j'en ai marre. je veux me lever et partir. j'en ai que trop faire de nos phrases vilaines. si c'était toi qui en tuerais un ? svea ? elle tuerait vraiment svea ? je crois que oui, je partirais. mais peut-être pas avec toi. mais ça j'peux pas le dire, parce que c'est cruel, mais en même temps faire taire cette hypocrisie c'est pas mieux. alors quand elle tend ses doigts vers moi, je réalise que je suis un être laid. que dans ma vie, j'ai pas fait grand chose de bien, à part l'aimer elle, et faire mon devoir qui n'était pas une partie de plaisir. mais il est grand temps de s'en aller maintenant. elle ne veut pas, elle, mais moi, qui m'en empêche ? oh non, je ne peux pas partir sans elle. pas aujourd'hui'hui. pas maintenant. je ne peux pas la quitter et avec elle tout ce que j'ai acquis. qui nourrira les escargots le dimanche, ceux qui dorment dans la gouttière bancale (il faudrait d'ailleurs la réparer) ? qui s'occupera de la cabane des incestes ? qui voudra ? nour pourrait prendre en charge les escargots. et svea qui a l'âme d'un chef reprendra ma position. en fait, j'étais déjà parti. j'avais déjà tout organisé. tant pis. j'aurais été heureux. je l'aurais été.
au moins une fois.
nour...
comme au compte goutte.
je pars dans deux jours.
de ma poche deux billets un peu froissés mais encore utilisables.
je sais, t'en voudra pas. mais, je te le donne quand même.
je pousse un billet vers elle, doucement.
elle va le déchirer. le jeter par terre. cracher dessus.
elle va le renier. elle va m'insulter.
elle va faire pleuvoir le déluge.
tu pourras l'utiliser encore une semaine après la date du départ.
et puis y a quelque chose qui me tourne dans la tête.
elle va me dénoncer. elle va me couper la route.
elle va dire que j'ai pas le droit. elle va m'empêcher de prendre le train.
et puis elle va me gifler et continuer de me fixer avec air incrédule
alors je me jette à corps perdu dans ce que je vais justement perdre.
je t'aime.
autant que le bonheur.
et puis avant qu'elle ne dise quoi que ce soit,
je me penche vers elle et je l'embrasse.
une dernière fois.

Spoiler:
 

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